13 novembre 2009

Slam, tripes, rire et vidéo in picard

le mardi 17 novembre 2009 à 20 heures au Nota bene, café littéraire et musical place Georges Brassens à Beauvais (près de l'église Saint-Étienne)

Café littéraire picard 1.jpg
Café littéraire picard 2.jpg

entrée libre et gratuite

Théâtre du Beauvaisis
direction Martine Legrand

dans le cadre de Chés wèpes de l'Oise, festival picard du Grand Beauvaisis

15 octobre 2009

Lettre ouverte aux clients et amis de la librairie Folies d'encre à Saint-Ouen

 

LETTRE OUVERTE AUX CLIENTS ET AMIS DE LA LIBRAIRIE

 

LIBRAIRIE EN DANGER

 

Crée il y a neuf ans par deux libraires, pour assurer la présence du livre dans une commune de banlieue, la librairie Folies d'encre à Saint-Ouen, traverse aujourd’hui une passe difficile. Même si elle vient de se voir décerner le label LIR, gage de son professionnalisme...(faisant partie des 400 librairies labellisées décret 2009/395 du 8 avril 2009).

 

Nous devons faire face à une augmentation croissante de notre loyer privé, indexé sur le coût de la construction (+32% ces trois dernières années). De plus l'implantation de quatre grandes surfaces du livre sur Saint-Ouen et les communes alentours, représente une concurrence importante: pour faire vivre notamment les rayons théâtre et poésie, nous avons besoin de vendre davantage de livres.

La librairie est au demeurant une librairie qui fonctionne plutôt bien (des dizaines d'auteurs invités chaque année, expositions et débats mensuels), grâce au travail acharné de ses libraires, qui se payent quand ils peuvent leur 1000 euros de SMIC mensuel. Quand ils peuvent, c’est à dire souvent avec retard.

Cette librairie est un élément de la vie culturelle de la cité. C’est un lieu de débats, formels et informels, de rencontres, organisées et inorganisées, et bien sûr, de diffusion de la culture et de la pensée.

 

L’implantation en centre ville, lui permet de drainer le plus varié des publics. Les libraires sont en outre présents en multipliant les tables de presse lors de débats ici et là, de colloques. Mais nous souffrons de la fermeture des entreprises du quartier ces six dernières années (Etam, Valéo, A nous Paris etc), nous privant des achats des salariés le midi et du nombre croissant de rideaux baissés aux alentours (manque cruel de commerces diversifiés).

 

La librairie dispose d’un fonds impressionnant de livres neufs, à la fois en littérature générale, en sciences sociales, et jeunesse, BD, au même prix qu'ailleurs (cf Loi Lang sur le prix unique du livre). Elle assure par ailleurs un service très rapide de commande des livres dont elle ne dispose pas: le plus souvent en deux ou trois jours grâce au coursier.

Chacune et chacun peut faire quelque chose pour permettre à cette librairie de poursuivre son chemin en vendant plus de livres : en diffusant autour de vous notre programmation, en parlant de nous à votre CE, entreprise (pour des cadeaux, chèques cadeaux Folies d'Encre...), l'école ou la crèche de vos enfants, collèges (pour que les livres ne soient pas achetés que chez des grossistes), associations pour table de presse etc etc.

Vous pouvez également adhérer à l'association Enlivrezvous, association des amis de la librairie et participer à la librairie à une réunion d'information mardi 20 octobre à 21 heures et nous contacter par mail aux adresses mail suivantes enlivrezvous (at) gmail.com

foliesencre (at) wanadoo.fr

 

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18 mai 2009

Christian Edziré Déquesnes est donc venu "dessaker" à Beauvais

 

Exceptionnel !

 

Christian Edziré Déquesnes est donc venu "dessaker" à Beauvais

 

son unique et mémorable lecture-performance

 

P. K. X  = Pikar Kataklysm Xpéryanche

(Poésie chamanique et expérimentale en picard)

 

ce vendredi 15 mai 2009 de 20h45 à 22h30

à la galerie l’Art rue dans l’Art

à Beauvais

 

45 minutes et échange avec ceusses qui étaient présents


une "première" et une seconde partie

 

avec bien-sûr Xtian au sampler, chants, lectures et autres…

 

enseigne l'art rue dans l'art.jpg

 

   

27 mars 2009

J'aime toujours et de plus en plus

 

J'aime toujours et de plus en plus.jpg

 

Message du 4 décembre 2008
de Christian Edziré Déquesnes à quelques-uns

 

17 février 2009

pour une littérature habitée

« la littérature. Qui a quelque chose à dire. Écriture du cri, pour une littérature habitée. »

Dernières phrases d'Écrire le cri,
éditions l'Écarlate, page 135.

couvecrlcri.jpg

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22 décembre 2008

Je crois à la poésie

 

 

Je griffonne en vitesse sur le coin de la caisse enregistreuse du libraire qui m’a proposé de laisser un mot à un futur éditeur de la région : « Je crois à la poésie, une nouvelle poésie, une poésie publique ! »

Vendredi 30 août 1991.

 

 

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19 décembre 2008

Cinéma du cri, 1

Vendredi 30 mai 2008

 

Cher Rodolphe B.

 

Je suis très heureux que vous fassiez figurer le très bon the Wall d’Allan Parker, sur l’œuvre du groupe Pink Floyd alors largement insufflée par Roger Waters. Je suis également très heureux qui figure en bonne et due place, Pier Paolo Pasolini. Je suis par contre très étonné que vous n’y inscriviez pas le dernier Salo ou les 120 journées de Sodome, que je placerais pour ma part en tête, le trouvant "criant", du début quasiment à sa fin. Et là se trouve peut-être lové, outre noter le manque de l’obscène dans cette première sélection, un point qui me paraît essentiel quant à "mesurer" si une œuvre appartient à cette catégorie du cri, ou moins, ou beaucoup moins voire, pas du tout. J’ai souvent pensé, intérieurement et à chaque fois à ce sujet, à la discipline de la statistique. Et de me dire, d’ordonner alors, les œuvres intégrales si je puis dire, du cri, des seuls "chapitres" ou passages de qui, pour n’être pas inintéressant, n’en sont pas moins beaucoup moins fort. Quitte à se retrouver dans une discipline, avec très peu d’œuvres. Quelle importance ? Un raisonnement fort est à ce prix, d’une sélection draconienne des itérations.

 

La première sélection que vous m’avancez est intéressante en ce sens qu’elle permet déjà de dégager les deux tendances du cri que sont ce que je nommerai aujourd’hui la subjectivité (existentielle), là, je pense à Bergman, que vous avancez mais il y en a sûrement beaucoup d’autres et je pense en premier lieu à plusieurs films de Lars von Trier, pourtant bien différents, et en particulier à l’un de ses premiers, Europa, mais aussi au plus que très fort (touchant à la folie) Breaking the waves, et aussi les Idiots, mais aussi celle du social voire du politique, avec Eisenstein, que je ne connais malheureusement toujours que de renommée. Je suis plus réservé sur Godard, qui tout en reconnaissant qu’il est un des plus grands, me semble pour ce qui nous occupe, à savoir le cri, par trop baignant dans l’esthétisme. Je ne peux me prononcer sur d’autres, que je n’ai pas vus. Quant à vous donner une liste de mon cru je le repousse sur nos prochains échanges afin de porter cette première réflexion, présente, au plus vite à votre esprit.

 

Bien cordialement à vous

 

Alain Marc

 

12 décembre 2008

Lucien Suel

canal mémoire.jpg

 

Canal Mémoire de Lucien Suel —

Il y a un côté performance — j’y arriverai —, un peu comme le jongleur qui jongle avec huit balles. J’ai aussi pensé au Yi-King, ou au carré magique.

Premier semestre 2007.

 

 

 

17 novembre 2008

« Cette poésie publique est mon journal intime »

        « Cette poésie publique est mon journal intime ». Où Jean Cayrol parle « d’endiguer […] une actualité qui déborde de partout » et qui aveugle « par les spots des faits divers [1] ». Jean Cayrol aurait peut-être aimé proposer par sa « Poésie-Journal » une autre lecture des « problèmes nationaux et internationaux ». Force est de constater que le projet n’a pas atteint son but.

Dimanche 27 septembre 1992.



[1] 4ème de couverture de son recueil Poésie Journal, Tome 3, éd. du Seuil, oct. 1980.

 

30 septembre 2008

Un monde idéal ? (Ségolène Royal au Zénith)

  

 

 

 

 

19 août 2008

Afin de Pouvoir

 

  . . . Afin de Pouvoir

un jour

te sentir

PILIER

résistant

aux vents

tourmentés

de la CITÉ

 

 

Te suffira-t-il

D'imaginer ta vie

et de VIVRE

sur ton fil

d'ARIANE ? 

                           . . .

 

 

 

 [...]

 

 

 

  . . . Écho

des entrailles

qui vomissent

le bruit

de ces villes

 

  

                    Souffle

                    venu

                    de l'intérieur

 

  

                    Tu veux VOLER

 

                                                         . . .

 

 

 [...]

 

 

 

 

  . . . Accent

sur le pas

pressé

 

 

Ton doigt pointé

vers le centre

de l'oubli

 

  

                    Tu veux être

                        LIBRE

                          DE

                     MARCHER !

 

                                                    . . .

 


  

  . . . Craquements

 

SECS

 

  

dans la nuit

de ton rêve

 

  

                    Tu veux être

                        LIBRE

                           DE

                       CRÉER !

                                                   . . .

 

 


  

  . . . ÊTRE

 

 

tout simplement

 

  

ÊTRE ! 

                   . . .

 

 

 

 couvrdpoitetr.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

(version définitive)

 

 

18 août 2008

Là où nos commentateurs (de poésie)

   « Là où nos commentateurs se retrouvent d'accord [...] : pour eux tous, la Poésie est suite ininterrompue de trouvailles [...] Plus le poème est bourré de "formules", plus il passe pour réussi. Il n'y a pourtant que les mauvais poètes qui font de "bonnes" images, ou qui, ne font que cela : ils conçoivent naïvement le langage poétique comme une addition de bonnes fortunes verbales [...] Le résultat est que cette poésie [...] est toute entière construite sur une sorte de dictionnaire poétique »

   Et Roland Barthes de continuer. « Cette surcharge de trouvailles produit elle-même une surcharge d'admirations ; l'adhésion au poème n'est plus un acte total, déterminé avec lenteur et patience à travers toute une série de temps morts, c'est une accumulation d'extases, de bravos, de saluts adressés à l'acrobatie verbale réussie[1] »



[1] Roland Barthes, Mythologies, Points essais, p. 173-174.

 
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12 août 2008

Hedd Wyn & Francis Ledwidge

Superbes poèmes, que nous livre Christian Déquesnes avec sa revue Passages : 12 poèmes de Hedd Wyn & Francis Ledwidge, Passiondale – La Vallée de la passion -.

 

couvwynledwidge.jpg
(illustration de couverture de Marceau Pennequin)

 

Poèmes du cri, oui (ceux de Francis Ledwidge étant bien souvent plus lyriques), qui s’ouvrent par le poème « Guerre » d’Hedd Wyn, jamais traduit en français… On connaît l’extrême attachement du sieur Déquesnes, la passion, qu’il voue à Hedd Wyn, qu’il cite si souvent sur scène dans ses chansons. Le tout est traduit du gallois (en passant par le néerlandais…) et de l’anglais par Jeannine Hayat, Christoph Bruneel & Lucien Suel pour un poème.

 

À commander d’urgence auprès de Christian Déquesnes par son blog.

 

Sur Hedd Wyn : fiche (en anglais)

 

Sur Francis Ledwidge : fiche (en français), 12 poèmes (en anglais), anthologie bilingue (chez Verdier)

 

06 juin 2008

La poésie occidentale

« La poésie occidentale a perdu l'usage du cri. Exercice verbal, démarche de saltimbanques et d'esthètes. Acrobatie d'épuisés. »

Cioran, février 1965,
Cahiers 1957-1972, collection Blanche, Gallimard, 1997, p. 266

 

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23 avril 2008

Non la lecture mais la mise en voix en espace sur scène ou la performance

 

 

... Un jeune ami réagissait avant une lecture de poésie et me disait. « Il n'y a que des vieux assis derrière cette table !, ce devrait être des jeunes » Loin de condamner sa non connaissance totale de la poésie, on peut considérer ces paroles comme lourdes de sens. La poésie telle qu'elle se présente trop souvent aujourd'hui est obsolète. Non seulement les textes - la poésie n'a pas le polar, de poésie « noire », ou n'est pas mise en avant, « médiatisée », la poésie n'a que la poésie, bloc monolithique, mastodonte : la POésie -, mais aussi la manière de les mettre en voix, en espace, en un mot : de les mettre sur la scène.

Car le poète n'est pas obligé de lire assis, il peut aussi, comme l'homme l'a fait, se lever, bouger, etc. Et quel autre concept peut représenter cette nouvelle vision de l'acte de mise en public du poème que celui de performance ? En lui empruntant certains éléments et pas forcément tout, c'est-à-dire en étudiant la question de l'apport d'autres arts à la prestation de poésie. Car quand un écrivain, un poète, monte sur une scène, même si c'est pour s'asseoir à une table de lecture, n'est-ce pas déjà une intervention scénique ? Après une première mise en question de la lecture de poésie, après le où ? qui l'a suivie, c'est aborder aujourd'hui le comment. Plus que la lecture elle-même on a vu que c'était l'acte public qui n'existait plus. Mais c'est peut-être aussi l'événement et sa volonté de le créer, qui ont disparus. Le poète n'a aucun recul sur ce qu'il fait (2ème chronique). Il ne fait rien pour prendre sa place dans le monde (3ème chronique). Il montre à nouveau par cette non-avancée, par ce refus de la mise en espace, son étroitesse d'esprit.

Et voilà ce que ça donne. Michael Lonsdale qui a mis en scène un spectacle sur Saint-John Perse - Exil, interprété par Edwine Moatti qui est à l'initiative du projet, en 1987/88 - et qui, passant au théâtre de notre petite ville de province, fait dire un soir à mon amie. « Les lectures de poésie ? Ah oui, la seule que j'ai vue : je me suis en­nuyée ! C'était long ! » La poésie au théâtre ? Il y aurait beaucoup à dire. A commencé par les spectacles poétiques montés par ces théâtres parisiens bien intentionnés, qui cherchent à se refaire une santé sur le dos de la poésie. A chaque commémoration tous y passent !, de Rimbaud à Cendrars. Et souvent c'est une catastrophe ! Le problème ? Ce n'est pas de la poésie mais du théâtre !, qui ne peut que desservir la poésie, celle qui s'écrit (qui s'écrie).

Alors, la performance. Voyons deux « lectures-rencontres » qui se sont déroulées à la Maison de la poésie de Paris, une bonne et une mauvaise. La première sur Jean Breton - jeudi 7 novembre 1991 -, est superbe ! Voilà une lecture, une vraie, capable d'attirer le public. Yves Gasc avec sa pratique de la comédie lisait superbement bien, avec des variations à chaque texte lu. On a vraiment envie en repartant de s'acheter les recueils et de relire les textes, seul, dans le silence de sa conscience. Voilà une lecture qui fait avancer les choses. Dans la deuxième lecture-rencontre - jeudi 20 février 1992 -, Alain Bestier et Dominique Joubert s'essaient sur Yves Martin. Une catastrophe ! Pourquoi l'une a été superbe et l'autre nulle ? Il y avait manifestement dans la première un souci de la mise en voix, mais dans la deuxième ! Lectures plates, hésitations, présentation brouillonne, discours incompréhensibles... Mais il y a un public bon sang, et pas forcément constitué que des seuls poètes !!! Il faut fuir la causerie entre spécialistes qui souvent, bien trop souvent, sont de piètres orateurs ! La deuxième ? Le type même de la non-performance. Performance comme performer, interpréter. Et de constater que si la chose la plus importante est bien la mise en voix, il y a aussi ce qui la borne (débat, présentation...).

Lire, mais reste à voir le comment, reste à ne pas retomber dans les écueils déjà soulevés. Par exemple, de la seule poésie romantique. Et pour cela on peut passer en revue les belles réussites. Tel ce vieux disque vinyle que je me suis empressé de copier, textes de Cendrars dits par V. Messica, sur un accompagnement musical de J.P. Limbour. Ou encore ce C.D. l'Inconnu me dévore, texte de Xavier Grall merveilleusement mis en voix par Yves Branellec sur un accompagnement musical « à la France Culture » (distribué par Keltia Musique). Il y a sûrement d'autres trésors à déceler dans ce domaine. Henri Meschonnic étudie par exemple quelques enregistrements, même s'ils sont anciens, dans la partie « le Poème et la voix » de sa superbe étude Critique du rythme (Verdier, 1982, réédition 1990), étude qui peut se révéler précieuse même pour le néophyte. L'écueil à éviter : la théâtralisation, et la dramatisation excessive de la voix. Les poètes américains semblent l'avoir compris, eux qui sont de « véritables professionnels de la voix », et qui emploient « ni la lecture intimiste du solitaire, ni la lecture théâtrale », précise Jacques Roubaud (Encyclopaedia universalis). Et pour l'illustrer, on peut citer la belle voix de Franck Venaille. Venaille, comme Bernard Noël, sait lire ses textes.

Mais la voix peut aussi être travaillée par le corps, créant l'événement, s'approchant de la performance. C'est le travail d'Yvon Le Men. Telle sa lecture de textes du même Xavier Grall au Centre d'Action Poétique - 2 décembre 1991, Crypte de la Madeleine. Yvon Le Men a donné une lecture  habitée,  pleine d'émotion - il lit debout, mais la proximité de relation due à la petite salle explique peut-être que -, et a fini... avec une extinction de voix, tellement il s'était donné à la tâche ! Mais il y a aussi les tritureurs et expérimentateurs en tout genre. Tel cet auteur et metteur en scène russe Vladimir Sorokine qui a effectué une formidable lecture à la deuxième Biennale du théâtre contemporain de Bonn en 1994 (rediffusée par Arte). Assis, puis debout : un travail extraordinaire sur les sons de la langue, sur sa musique. Chuchotements, rythme, puis grondement qui s'amplifie : vraiment superbe ! Sorokine rappelle le meilleur de Christian Prigent. Prigent, qui est un des rares à réfléchir sur la mise en voix de la poésie. Voir son texte « la Voix-de-l'écrit » (1987, rééd. dans l'Écriture, ça crispe le mou..., Alfil 1997). Et d'admettre, que la performance est ce qui manque à toute lecture plate, que la lecture et la performance, sont indissociables.

Mais outre l'attention portée à la voix, on peut aussi prêter attention à la mise en espace, à une montée sur scène, sur la scène. Car performance sous-entend aussi intervention vivante, pouvant investir la rue, piétonne par exemple. Et c'est là qu'une recherche comme celle de Serge Pey - taper du pied, utiliser le corps afin de travailler la sortie son du poème, technique du pied qu'on retrouve aussi chez les poètes américains des readings -, peut s'avérer fructueuse. Le travail de l'oralité, les techniques du « performeur », sont autant de moyens capables d'investir la rue, mais aussi n'importe quel autre lieu. Et pour que la poésie en soit capable, et puisse ainsi toucher des publics de plus en plus divers, il n'est pas inutile, voire même indispensable, de penser espace. Alors là encore, l'application à la poésie de l'essai d'Antonin Artaud le Théâtre et son double apporte de nombreux enseignements. Il y décrit en effet sa vision d'une nouvelle mise en scène. Avec, « spectateur au milieu tandis que le spectacle l'entoure », sonorisation, lumières, mais aussi action et dynamisme qui « loin de copier la vie, se met en communication avec des forces pures ». Il lance également l'idée de « scènes multiples ». Mais parfois, ce sont les traditions populaires qui apportent les réponses nécessaires. Comme ce fut le cas pour le dramaturge algérien Abdel Kader Alloula, qui modifia sa démarche après avoir constaté que les paysans se regroupaient instinctivement en rond autour des comédiens lors de ses premières représentations en terres rurales. Habitudes ancestrales issues des conteurs ? Alloula privilégia alors la parole et l'écoute plutôt que les artifices de la représentation, jusqu'à dépouiller totalement la scène jusqu'à ôter complètement tout décor. Ce qu'il faut arriver à faire : mettre la poésie en espace, avec des innovations spatiales, orales, aussi bien que scéniques. La mettre en espace, sans toutefois quitter la poésie, je vais y revenir.

Mais on peut aller encore plus loin dans la mise en espace, cette fois en intégrant à la lecture de poésie l'interaction d'autres arts. Prenons l'exemple du cirque qui lui aussi a dû se transformer pour continuer à exister. On peut être très surpris lors de sa première découverte du cirque canadien le Cirque du soleil de ses multiples innovations de mises en scène proches de l'opéra rock : on bascule d'un seul coup dans le cirque contemporain. La troupe Gosh qui elle se produit sur scène comme un groupe de rock offre un panaché entre le cirque et le rock tout aussi superbe ! Alors, de répéter une nouvelle fois : pourquoi le cirque a-t-il effectué sa nécessaire mutation, et pas la poésie ? Car voilà chez les poètes, bien rare est l'acceptation de cette idée d'association de la poésie et de la performance, et en particulier de la poésie avec les autres arts : plastiques, musical, chorégraphique, théâtral, de cirque... Proposez cette idée à l'un de vos amis poètes et vous aurez en guise de réponse un grand silence, qui en dit long ! La poésie aurait-elle peur de perdre son âme ?, de se noyer ou de s'évaporer totalement, au point de ne plus exister ? Mais comme le dit fort bien le dicton, la peur n'évite pas, mais vraiment pas, le danger. Puisque à refuser d'évoluer, elle n'existe tout simplement plus ! La performance est la vie. La poésie à la refuser, reste morte et bien morte. Une nouvelle fois le poète est bien flou. Car cette énorme peur est totalement injustifiée si toutefois on garde à l'esprit de toujours laisser le poème premier.

Mais il faut maintenant s'arrêter sur le mot performance. Car enrichir son sens en le déclinant avec toutes les richesses que peut offrir la langue n'est pas suffisant. Ce mot incline bien vite à associer le propos tenu avec le mouvement artistique appelé du même nom. D'ailleurs, nombres de poètes n'ont pas hésité à sauter le pas sans plus y réfléchir, amenant la confusion dans la tête de chacun ainsi que dans la leur. La performance ? Tout à fait ce que fait Joël Hubaut - c'est Jean-Jacques Lebel, le créateur du festival Polyphonix, qui a importé la mode du happening et de la performance en France. Dans le même esprit que Joseph Beuys. Totalement abracadabrant ! Certaines de ces soirées sont annoncées pour être des soirées poétiques. Ce serait plutôt de l'art vivant ! Loin loin, bien loin de la poésie. Et redire, de ne pas trop en faire, et de ne pas aller trop loin : cela nuit à la poésie.

Comme avec les Métalovoice, ces ex-Tambours du Bronx, qui annonçaient des textes de René Char et des citations de Maïakovski dans leur spectacle Do hit (1996-97). Tiens, ce serait une bonne idée pour attirer les jeunes à la poésie. Seulement l'os est de taille ! Aucune parole n'est compréhensible. Elles sont toutes complètement couvertes par les rythmes de tambours, portes-voix électriques et autres bruits stridents de plus de 130 dB ! Alors, où est la poésie ? Dans le néant complet. Que de la musique ! Avec une poésie qui pèche par un excès ou par un autre, entre la passivité et le débordement complet !

Comment porter sur scène la poésie sans la déformer, reste un problème. A résoudre. Avec toutefois l'expérience acquise, de ne tout simplement pas tourner au spectacle. Pourtant les idées et voies de recherche sont nombreuses, pour qui est prêt à innover quelque peu et aller de l'avant. Et on le sent bien : c'est aux poètes, et à eux seuls, que revient la lourde tâche de faire évoluer la poésie, pour qu'elle soit enfin à la place qui devrait lui revenir d'office, c'est-à-dire dans les premières, au même titre que les autres arts, et non éternellement à la traîne.

Du savoir faire et de l'audace, étaient précédemment demandés aux poètes. Demandes réitérées...


 

(4ème numéro de la chronique d'humeur « Poésie Poésie » publiée dans la partie magazine de la « revue de littératures » Contre vox no6, HB Éditions, Aigues‑vives, février 1999, rééditée en tract lors du Printemps des poètes de la Ville de Beauvais en mars 2000, ôtée de ses première et dernière phrases...)

 

24 avril 2007

Cela me vient d'un trait : la poésie doit

 

 

Cela me vient d’un trait :

 

« La poésie doit quitter la beauté. »

Mi-mai 2006.

 

17 avril 2007

Aller jusqu'à se meurtrir

 

. . . Aller

 

      jusqu'à se meurtrir

 

      pour assumer son rôle

 

      d'éclaireur ? 

                                        . . .

 

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16 mars 2007

Du côté du corps du bout du crayon

. . . Du côté

  du corps


          du bout 

          du crayon

 

  Je suis X

  eXtra

  averti

           TRAVESTI

 

  dans une certaine vision de l'autre

                                                    . . .

 


. . . Classé X

 

  Interrogations

  pas aux normes

 

  dans un nœud

  d'opacité

 

  cesser enfin

  de s'échiner

  à la tâche !

              . . .

 

15 mars 2007

Comme Aristote bouleversait les idées reçues

Comme Aristote bouleversait les idées reçues en affirmant que ce n'est plus le mètre qui fait la poésie mais le sujet même de l’œuvre (l'histoire, pour Aristote[1]), je dis depuis déjà pas mal de temps que ce n'est pas forcément la forme qui fait la poésie mais surtout le sens (le choc du). Aristote parle par exemple de « l'effet de surprise ». Après le règne du signifiant, voilà venu le règne du signifié.

Samedi 16 janvier 1993.



[1] Chap. IX de la Poétique, 1451b-27 — page, col. et ligne — du texte grec.

 

 

13 février 2007

Oui c'est vrai, je n'écris plus RIEN à per sonne

 

à Abdellatif Laâbi

 

 

Oui c'est vrai

je n'écris plus

RIEN

à per

sonne

J'ai tant

à écrire

et n'envoie

plus aucun manu

scrit

égal

ement

à pers

onne, d'autre

:

plus, personne

 

Me prend trop

de temps et ma tête

qui est et qui doit

rester pour la seule

fonction de l'écrit

 

 

 

03 juillet 2006

d'emprunts et de recompo

 

d’emprunts et de recompo
sition.

 

02 juillet 2006

RATURES dans l'antre

 

      . . . RATURES 

 

dans l'antre de l'amour

 

                                                   . . .

 

27 juin 2006

Tel le refrain qui ressort toujours du tiroir

 

. . . Tel le

      refrain

      qui ressort

      toujours

      du tiroir

      glacé

      Le marteau

      prostré

      dans le noir

      Tape    tape

 

 

Les instantanés

sont

à jamais

figés

                        . . .

 

25 juin 2006

Pourquoi la poésie ne serait-elle que cette façon

 

 

Pourquoi la poésie ne serait-elle que cette façon de s'exprimer en arabesques avec ses enluminures et ses ornementations excessives ?

Jeudi 2 avril 1992.

 

22 juin 2006

Jeu de formes Poids en équilibre sur un Pied

[...] 

 

 

Jeu

de formes

 

 

Poids

en équilibre

 

 

sur un

Pied

 

 

Illusion constante

du désé

quilibre

 

ET POURTANT ROBUSTE

 

 

de Point en Point

Passe

la Force

 

qui Verrouille

toute Re

tombée

 

 

Cheminement

vers la Lumière

 

 

[...]

21 juin 2006

Obscures archives intérieures plus qu'un

 

    . . . Obscures archives

      intérieures

 

      PLUS QU'UN SPECTACLE

                                 qui s'offre

      C'EST UNE ÂME

                                 qui vibre !

                                                            . . .

 

18 juin 2006

De l'une à l'autre, du cri à la

 

 

« De l'une à l'autre, du cri à la connaissance », dit Jean Paris dans son Joyce.[1]

Dimanche 25 avril 1993.

 



[1] Coll. « Écrivains de toujours », éd. du Seuil, 1957.

  

 

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16 juin 2006

DE QUOI S'AGIT-IL ? De désir seulement de désir

 

. . . DE QUOI S'AGIT-IL ?

 

      De désir

      seulement de désir

      et d'impuissance

      à dire

                                          . . .

 

15 juin 2006

Au centre la vie s'ouvre

 

[...]

 

 

 

               Au centre

 

               la vie s'ouvre

 

               sur le papyrus

 

 

 

 

 

[...] 

 

 

12 juin 2006

Parfois, simplement : juste

Parfois, simplement : juste nommer…

Fin décembre 2005.